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Lycée – 1re générale – Sciences de la vie et de la Terre (SVT) – exploitation de documents – Lycée – 1re générale – Sciences de la vie et de la Terre (SVT)

Fiche pédagogique auto-générée pour Lycée – 1re générale en Sciences de la vie et de la Terre (SVT) : exploitation de documents

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Première Générale – HLP – Français – Explicatin linéaire du passage Une lettre mystérieuse dans Manon Lescaut – Abbé Prévost – Première Générale – HLP – Français

Fiche pédagogique auto-générée pour Première Générale – HLP en Français : Explicatin linéaire du passage Une lettre mystérieuse dans Manon Lescaut – Abbé Prévost

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Lycée – Terminale générale – Mathématiques – exercices sur les suite pour un enseignement scientifique en maths – Lycée – Terminale générale – Mathématiques

Fiche pédagogique auto-générée pour Lycée – Terminale générale en Mathématiques : exercices sur les suite pour un enseignement scientifique en maths

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Lycée – Terminale générale – Mathématiques – exercices sur les suite pour un enseignement scientifique en maths – Lycée – Terminale générale – Mathématiques

Fiche pédagogique auto-générée pour Lycée – Terminale générale en Mathématiques : exercices sur les suite pour un enseignement scientifique en maths

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Première Générale – HLP – Français – INTRODUCTION : • On ne badine pas avec l’amour est une pièce en trois actes du célèbre dramaturge français Alfred de Musset. Rédigée en 1854 mais jouée seulement pour la première fois en 1861, cette dernière appartient ostensiblement au mouvement du drame romantique. La pièce traite du jeu amoureux entre Perdican et Camille, deux jeunes que tout oppose, promis l’un à l’autre depuis leur enfance. • L’acte I scène 2 est le prolongement de la scène d’exposition. Dans ce passage, les deux jeunes gens se retrouvent pour la première fois et nous découvrons en actes les caractères de Camille et de Perdican, présentés par leurs gouverneurs à l’A1S1. Nous découvrons aussi le nœud de l’intrigue – le projet de mariage du baron – mais surtout les réactions suscitées chez les protagonistes concernés. Au-delà de la courtoisie apparente et protocolaire des retrouvailles, nous assistons à une fracture entre les personnages : Camille apparaît comme une jeune femme froide, distante, qui prend le contrepied total des attentes du baron, de Perdican (et du spectateur). • Problématique : En quoi cette scène de rencontre illustre-t-elle le désaccord des protagonistes et préfigure-t-elle l’échec de l’intrigue amoureuse ? MOUVEMENT 1 : Les retrouvailles de C et P : un échange déséquilibré (l 1 à 14) MOUVEMENT 2 : Les attentes du baron déjouées (l 15 à 22) MOUVEMENT 3 : Deux univers hermétiques (l23 à fin) MOUVEMENT 1 : Les retrouvailles de Camille et Perdican : un échange déséquilibré (l 1-14) • Les formes de phrases employées par chacun des personnages révèlent leurs premières émotions et réactions. Dans les répliques de Perdican, les exclamations nombreuses marquent la surprise et l’admiration sans retenue « Quel bonheur ! que je suis heureux ! » l1. La répétition de la même idée insiste sur la façon dont il vit ce moment : avec passion ! Ses réactions exacerbées contrastent avec la retenue de sa cousine. Ses propos sont répétitifs et stéréotypés. Il découvre également les qualités de sa cousine, « grande » et « belle » l3 , qui lui apparaît comme une femme et non plus comme une enfant. • A l’inverse, Camille utilise des phrases brèves, réduites à la plus simple expression qui sont le signe d’une froideur, voire d’une indifférence à la situation. Les premières paroles sont extrêmement distantes et convenues : elle emploie le lexique familial « père » et de « cousin » l2, sans plus de développement, quand Perdican s’adresse à elle comme à une « sœur bien aimée » l1. Elle signale ainsi sa réserve et sa retenue – elle deviendra barrière par la suite – qui lui viennent de son éducation religieuse au couvent (elle y appris à se méfier des corps et des effusions), mais cela lui sert peut être aussi de prétexte pour rester en retrait et garder la possibilité de refuser le mariage. Paradoxalement, cela la libère de l’obligation d’accepter immédiatement cette union qu’elle n’a pas choisie, et dont elle ignore si elle la souhaite. • Les propos du baron sont banals, en relation avec le trajet, avec l’emploi directe à caractère informatif « Quand as-tu quitté Paris, Perdican ? » l4 et sans lien avec ce que disent Camille et Perdican. C’est un discours creux, de fantoche. Il se montre cependant autoritaire à travers l’usage de l’impératif « Allons », « embrasse »l9 et l11 En bon patriarche, il veut les obliger à s’embrasser comme s’ils lui devaient obéissance. • Dans la bouche de Camille, « excusez-moi » l10 est un refus poli d’embrasser son cousin tandis que, dans celle de Perdican l13, c’est une invitation à changer de point de vue. Le parallélisme souligne ici des sens qui ne s’accordent pas. La légèreté s’oppose à la gravité, la joie à la froideur. Ce sont autant d’indices d’un changement de tonalité de la comédie vers le drame. • Les décalages entre les visions des différents personnages sont aussi marqués par des formules proverbiales (n’oublions pas que le titre de la pièce est un proverbe !) successives et de sens opposés : ainsi, on passe de la vision patriarcale du baron qui insiste en étant sourd au refus de Camille « un compliment vaut bien un baiser » l11à la vision plus légère, de Perdican « l’amour peut voler un baiser, mais non pas l’amitié » l13. Cette phrase aura un écho considérable dans l’œuvre puisque les jeux amoureux de Perdican (baisers) ne traduiront pas le véritable élan du cœur (amitié). Et enfin à la vision de Camille, moderne et émancipée « l’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre »l14. C’est la définition même du consentement, peut-être inspirée de George Sand, avant-gardiste du féminisme. >> Chaque personnage semble enfermé dans sa propre logique : Camille dans sa réserve distante, Perdican dans son enthousiasme exagéré, le baron dans sa vision stéréotypée des choses. C’est un dialogue de sourds qui instaure un malaise entre les personnages dès le début. MOUVEMENT 2 : Les attentes du baron déjouées (l 15 à 22) • Le baron et maître Bridaine commentent la scène à laquelle ils assistent en aparté, de façon assez peu respectueuse, comme si Camille et Perdican n’étaient pas là. Il est déçu : le plan qu’il avait imaginé ne fonctionne pas comme il l’aurait voulu. Sa question rhétorique se terminant par « Voilà un commencement de mauvaise augure ; hé ? » l15 montre sa surprise, et le ton est assez familier. • La réplique de Maître Bridaine « Trop de pudeur est sans doute un défaut ; mais le mariage lève bien des scrupules » l16-17, de forme proverbiale, s’avère être grossière. Il sous-entend qu’une fois le mariage acté, il n’y aura plus de scrupules à avoir. Il pourra être consommé. C’est une nouvelle fois une phrase de fantoche prompte à ne servir que ses propres intérêts. • L’idée du mariage et de ses festivités est arrêtée par la réserve de Camille qui, en faisant mine de se signer, a exprimé son attachement à la religion. C’est donc l’éducation religieuse de Camille qui est responsable de son échec. Les participes passés à valeur d’adjectifs « choqué », « blessé » l18, « vexé », « piqué » l21 soulignent la vive réaction du baron qui prend les choses très à cœur et ainsi une tonalité pathétique. L’utilisation répétée de la première personne du singulier marque un profond égocentrisme et une incapacité à s’adapter à la situation. Il affronte deux bouleversements : un choc émotionnel et une atteinte portée à son amour propre. • Maître Bridaine pense que l’intervention du baron pourrait rétablir le dialogue rompu à travers l’impératif « dites leur quelques mots »l22. Avec le baron, ils forment un duo comique. >> Dans ce dialogue d’apartés, le baron semble perdre ses moyens face à ce revirement de situation inattendu. Ils ont des réactions inadaptées à la situation. MOUVEMENT 3 : Deux univers hermétiques (l23 à fin) • L’interjection « Eh bien ! » suivie de deux interrogatives « Mes enfants, à quoi pensez vous donc? Que fais-tu là Camille devant cette tapisserie ? » l23-24 illustre la volonté du baron à relancer la discussion mais la symétrie de ces interrogations accentue encore plus leurs différences. • Les questions mécaniques du baron appellent des réponses identiques de Camille. Le jeu de la parole tourne sur des constructions identiques, des parallélismes « Voilà un beau portrait, mon oncle ! » l25 // « Voilà une fleur charmante, mon père » l32, ce qui accentue le comique de la scène. • Le portrait de l’aïeule dévote à travers le lexique de la religion « prières » l28, « foi » « sainte »l29 insiste sur sa vertu, ce qui accentue l’admiration de Camille. Elle montre que seule la religion la touche et provoque un changement d’intonation en elle « Oh oui, une sainte ! » l30. • L’appellation « le docteur »l36 est un éloge indirect de Perdican, par Bridaine, qui souhaite louer son savoir pour impressionner Camille. Néanmoins, il fait preuve de cuistrerie (étalage de connaissances mal assimilées, pédant) par l’énumération de catégories scientifiques « Demandez-lui à quel sexe, à quelle classe elle appartient ; de quels éléments elle se forme, d’où lui viennent sa sève et sa couleur »l36-37. • Perdican invalide toute la rhétorique stérile de Bridaine à travers l’usage de la négation « je n’en sais pas si long » l40. Loin de la pédanterie, il est du côté du naturel, ce qui accentue la sympathie du lecteur pour ce personnage. CONCLUSION : Cette scène est le prolongement de la scène d’exposition. Elle permet de camper les caractères des personnages : Perdican apparaît comme un jeune homme enjoué, intelligent qui n’accueille pas d’un mauvais œil le mariage mais qui se retrouve décontenancé par la réserve de Camille. Camille est une jeune femme impassible, froide, dévote qui se refuse entièrement à l’amour. Le Baron est un homme risible, préoccupé par son statut social et incapable de comprendre ce qui anime ses enfants et Bridaine est un cuistre et un sot. Elle permet encore de nouer le nœud de l’intrigue : Musset se rapproche de l’intrigue de comédie de mœurs, dans laquelle une figure paternelle conclut un projet de mariage qui n’est pas accepté par les partis concernés (cf référence à Molière). Mais d’emblée le projet du baron – Première Générale – HLP – Français

Fiche pédagogique auto-générée pour Première Générale – HLP en Français : INTRODUCTION : • On ne badine pas avec l’amour est une pièce en trois actes du célèbre dramaturge français Alfred de Musset. Rédigée en 1854 mais jouée seulement pour la première fois en 1861, cette dernière appartient ostensiblement au mouvement du drame romantique. La pièce traite du jeu amoureux entre Perdican et Camille, deux jeunes que tout oppose, promis l’un à l’autre depuis leur enfance. • L’acte I scène 2 est le prolongement de la scène d’exposition. Dans ce passage, les deux jeunes gens se retrouvent pour la première fois et nous découvrons en actes les caractères de Camille et de Perdican, présentés par leurs gouverneurs à l’A1S1. Nous découvrons aussi le nœud de l’intrigue – le projet de mariage du baron – mais surtout les réactions suscitées chez les protagonistes concernés. Au-delà de la courtoisie apparente et protocolaire des retrouvailles, nous assistons à une fracture entre les personnages : Camille apparaît comme une jeune femme froide, distante, qui prend le contrepied total des attentes du baron, de Perdican (et du spectateur). • Problématique : En quoi cette scène de rencontre illustre-t-elle le désaccord des protagonistes et préfigure-t-elle l’échec de l’intrigue amoureuse ? MOUVEMENT 1 : Les retrouvailles de C et P : un échange déséquilibré (l 1 à 14) MOUVEMENT 2 : Les attentes du baron déjouées (l 15 à 22) MOUVEMENT 3 : Deux univers hermétiques (l23 à fin) MOUVEMENT 1 : Les retrouvailles de Camille et Perdican : un échange déséquilibré (l 1-14) • Les formes de phrases employées par chacun des personnages révèlent leurs premières émotions et réactions. Dans les répliques de Perdican, les exclamations nombreuses marquent la surprise et l’admiration sans retenue « Quel bonheur ! que je suis heureux ! » l1. La répétition de la même idée insiste sur la façon dont il vit ce moment : avec passion ! Ses réactions exacerbées contrastent avec la retenue de sa cousine. Ses propos sont répétitifs et stéréotypés. Il découvre également les qualités de sa cousine, « grande » et « belle » l3 , qui lui apparaît comme une femme et non plus comme une enfant. • A l’inverse, Camille utilise des phrases brèves, réduites à la plus simple expression qui sont le signe d’une froideur, voire d’une indifférence à la situation. Les premières paroles sont extrêmement distantes et convenues : elle emploie le lexique familial « père » et de « cousin » l2, sans plus de développement, quand Perdican s’adresse à elle comme à une « sœur bien aimée » l1. Elle signale ainsi sa réserve et sa retenue – elle deviendra barrière par la suite – qui lui viennent de son éducation religieuse au couvent (elle y appris à se méfier des corps et des effusions), mais cela lui sert peut être aussi de prétexte pour rester en retrait et garder la possibilité de refuser le mariage. Paradoxalement, cela la libère de l’obligation d’accepter immédiatement cette union qu’elle n’a pas choisie, et dont elle ignore si elle la souhaite. • Les propos du baron sont banals, en relation avec le trajet, avec l’emploi directe à caractère informatif « Quand as-tu quitté Paris, Perdican ? » l4 et sans lien avec ce que disent Camille et Perdican. C’est un discours creux, de fantoche. Il se montre cependant autoritaire à travers l’usage de l’impératif « Allons », « embrasse »l9 et l11 En bon patriarche, il veut les obliger à s’embrasser comme s’ils lui devaient obéissance. • Dans la bouche de Camille, « excusez-moi » l10 est un refus poli d’embrasser son cousin tandis que, dans celle de Perdican l13, c’est une invitation à changer de point de vue. Le parallélisme souligne ici des sens qui ne s’accordent pas. La légèreté s’oppose à la gravité, la joie à la froideur. Ce sont autant d’indices d’un changement de tonalité de la comédie vers le drame. • Les décalages entre les visions des différents personnages sont aussi marqués par des formules proverbiales (n’oublions pas que le titre de la pièce est un proverbe !) successives et de sens opposés : ainsi, on passe de la vision patriarcale du baron qui insiste en étant sourd au refus de Camille « un compliment vaut bien un baiser » l11à la vision plus légère, de Perdican « l’amour peut voler un baiser, mais non pas l’amitié » l13. Cette phrase aura un écho considérable dans l’œuvre puisque les jeux amoureux de Perdican (baisers) ne traduiront pas le véritable élan du cœur (amitié). Et enfin à la vision de Camille, moderne et émancipée « l’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre »l14. C’est la définition même du consentement, peut-être inspirée de George Sand, avant-gardiste du féminisme. >> Chaque personnage semble enfermé dans sa propre logique : Camille dans sa réserve distante, Perdican dans son enthousiasme exagéré, le baron dans sa vision stéréotypée des choses. C’est un dialogue de sourds qui instaure un malaise entre les personnages dès le début. MOUVEMENT 2 : Les attentes du baron déjouées (l 15 à 22) • Le baron et maître Bridaine commentent la scène à laquelle ils assistent en aparté, de façon assez peu respectueuse, comme si Camille et Perdican n’étaient pas là. Il est déçu : le plan qu’il avait imaginé ne fonctionne pas comme il l’aurait voulu. Sa question rhétorique se terminant par « Voilà un commencement de mauvaise augure ; hé ? » l15 montre sa surprise, et le ton est assez familier. • La réplique de Maître Bridaine « Trop de pudeur est sans doute un défaut ; mais le mariage lève bien des scrupules » l16-17, de forme proverbiale, s’avère être grossière. Il sous-entend qu’une fois le mariage acté, il n’y aura plus de scrupules à avoir. Il pourra être consommé. C’est une nouvelle fois une phrase de fantoche prompte à ne servir que ses propres intérêts. • L’idée du mariage et de ses festivités est arrêtée par la réserve de Camille qui, en faisant mine de se signer, a exprimé son attachement à la religion. C’est donc l’éducation religieuse de Camille qui est responsable de son échec. Les participes passés à valeur d’adjectifs « choqué », « blessé » l18, « vexé », « piqué » l21 soulignent la vive réaction du baron qui prend les choses très à cœur et ainsi une tonalité pathétique. L’utilisation répétée de la première personne du singulier marque un profond égocentrisme et une incapacité à s’adapter à la situation. Il affronte deux bouleversements : un choc émotionnel et une atteinte portée à son amour propre. • Maître Bridaine pense que l’intervention du baron pourrait rétablir le dialogue rompu à travers l’impératif « dites leur quelques mots »l22. Avec le baron, ils forment un duo comique. >> Dans ce dialogue d’apartés, le baron semble perdre ses moyens face à ce revirement de situation inattendu. Ils ont des réactions inadaptées à la situation. MOUVEMENT 3 : Deux univers hermétiques (l23 à fin) • L’interjection « Eh bien ! » suivie de deux interrogatives « Mes enfants, à quoi pensez vous donc? Que fais-tu là Camille devant cette tapisserie ? » l23-24 illustre la volonté du baron à relancer la discussion mais la symétrie de ces interrogations accentue encore plus leurs différences. • Les questions mécaniques du baron appellent des réponses identiques de Camille. Le jeu de la parole tourne sur des constructions identiques, des parallélismes « Voilà un beau portrait, mon oncle ! » l25 // « Voilà une fleur charmante, mon père » l32, ce qui accentue le comique de la scène. • Le portrait de l’aïeule dévote à travers le lexique de la religion « prières » l28, « foi » « sainte »l29 insiste sur sa vertu, ce qui accentue l’admiration de Camille. Elle montre que seule la religion la touche et provoque un changement d’intonation en elle « Oh oui, une sainte ! » l30. • L’appellation « le docteur »l36 est un éloge indirect de Perdican, par Bridaine, qui souhaite louer son savoir pour impressionner Camille. Néanmoins, il fait preuve de cuistrerie (étalage de connaissances mal assimilées, pédant) par l’énumération de catégories scientifiques « Demandez-lui à quel sexe, à quelle classe elle appartient ; de quels éléments elle se forme, d’où lui viennent sa sève et sa couleur »l36-37. • Perdican invalide toute la rhétorique stérile de Bridaine à travers l’usage de la négation « je n’en sais pas si long » l40. Loin de la pédanterie, il est du côté du naturel, ce qui accentue la sympathie du lecteur pour ce personnage. CONCLUSION : Cette scène est le prolongement de la scène d’exposition. Elle permet de camper les caractères des personnages : Perdican apparaît comme un jeune homme enjoué, intelligent qui n’accueille pas d’un mauvais œil le mariage mais qui se retrouve décontenancé par la réserve de Camille. Camille est une jeune femme impassible, froide, dévote qui se refuse entièrement à l’amour. Le Baron est un homme risible, préoccupé par son statut social et incapable de comprendre ce qui anime ses enfants et Bridaine est un cuistre et un sot. Elle permet encore de nouer le nœud de l’intrigue : Musset se rapproche de l’intrigue de comédie de mœurs, dans laquelle une figure paternelle conclut un projet de mariage qui n’est pas accepté par les partis concernés (cf référence à Molière). Mais d’emblée le projet du baron

Première Générale – HLP – Français – INTRODUCTION : • On ne badine pas avec l’amour est une pièce en trois actes du célèbre dramaturge français Alfred de Musset. Rédigée en 1854 mais jouée seulement pour la première fois en 1861, cette dernière appartient ostensiblement au mouvement du drame romantique. La pièce traite du jeu amoureux entre Perdican et Camille, deux jeunes que tout oppose, promis l’un à l’autre depuis leur enfance. • L’acte I scène 2 est le prolongement de la scène d’exposition. Dans ce passage, les deux jeunes gens se retrouvent pour la première fois et nous découvrons en actes les caractères de Camille et de Perdican, présentés par leurs gouverneurs à l’A1S1. Nous découvrons aussi le nœud de l’intrigue – le projet de mariage du baron – mais surtout les réactions suscitées chez les protagonistes concernés. Au-delà de la courtoisie apparente et protocolaire des retrouvailles, nous assistons à une fracture entre les personnages : Camille apparaît comme une jeune femme froide, distante, qui prend le contrepied total des attentes du baron, de Perdican (et du spectateur). • Problématique : En quoi cette scène de rencontre illustre-t-elle le désaccord des protagonistes et préfigure-t-elle l’échec de l’intrigue amoureuse ? MOUVEMENT 1 : Les retrouvailles de C et P : un échange déséquilibré (l 1 à 14) MOUVEMENT 2 : Les attentes du baron déjouées (l 15 à 22) MOUVEMENT 3 : Deux univers hermétiques (l23 à fin) MOUVEMENT 1 : Les retrouvailles de Camille et Perdican : un échange déséquilibré (l 1-14) • Les formes de phrases employées par chacun des personnages révèlent leurs premières émotions et réactions. Dans les répliques de Perdican, les exclamations nombreuses marquent la surprise et l’admiration sans retenue « Quel bonheur ! que je suis heureux ! » l1. La répétition de la même idée insiste sur la façon dont il vit ce moment : avec passion ! Ses réactions exacerbées contrastent avec la retenue de sa cousine. Ses propos sont répétitifs et stéréotypés. Il découvre également les qualités de sa cousine, « grande » et « belle » l3 , qui lui apparaît comme une femme et non plus comme une enfant. • A l’inverse, Camille utilise des phrases brèves, réduites à la plus simple expression qui sont le signe d’une froideur, voire d’une indifférence à la situation. Les premières paroles sont extrêmement distantes et convenues : elle emploie le lexique familial « père » et de « cousin » l2, sans plus de développement, quand Perdican s’adresse à elle comme à une « sœur bien aimée » l1. Elle signale ainsi sa réserve et sa retenue – elle deviendra barrière par la suite – qui lui viennent de son éducation religieuse au couvent (elle y appris à se méfier des corps et des effusions), mais cela lui sert peut être aussi de prétexte pour rester en retrait et garder la possibilité de refuser le mariage. Paradoxalement, cela la libère de l’obligation d’accepter immédiatement cette union qu’elle n’a pas choisie, et dont elle ignore si elle la souhaite. • Les propos du baron sont banals, en relation avec le trajet, avec l’emploi directe à caractère informatif « Quand as-tu quitté Paris, Perdican ? » l4 et sans lien avec ce que disent Camille et Perdican. C’est un discours creux, de fantoche. Il se montre cependant autoritaire à travers l’usage de l’impératif « Allons », « embrasse »l9 et l11 En bon patriarche, il veut les obliger à s’embrasser comme s’ils lui devaient obéissance. • Dans la bouche de Camille, « excusez-moi » l10 est un refus poli d’embrasser son cousin tandis que, dans celle de Perdican l13, c’est une invitation à changer de point de vue. Le parallélisme souligne ici des sens qui ne s’accordent pas. La légèreté s’oppose à la gravité, la joie à la froideur. Ce sont autant d’indices d’un changement de tonalité de la comédie vers le drame. • Les décalages entre les visions des différents personnages sont aussi marqués par des formules proverbiales (n’oublions pas que le titre de la pièce est un proverbe !) successives et de sens opposés : ainsi, on passe de la vision patriarcale du baron qui insiste en étant sourd au refus de Camille « un compliment vaut bien un baiser » l11à la vision plus légère, de Perdican « l’amour peut voler un baiser, mais non pas l’amitié » l13. Cette phrase aura un écho considérable dans l’œuvre puisque les jeux amoureux de Perdican (baisers) ne traduiront pas le véritable élan du cœur (amitié). Et enfin à la vision de Camille, moderne et émancipée « l’amitié ni l’amour ne doivent recevoir que ce qu’ils peuvent rendre »l14. C’est la définition même du consentement, peut-être inspirée de George Sand, avant-gardiste du féminisme. >> Chaque personnage semble enfermé dans sa propre logique : Camille dans sa réserve distante, Perdican dans son enthousiasme exagéré, le baron dans sa vision stéréotypée des choses. C’est un dialogue de sourds qui instaure un malaise entre les personnages dès le début. MOUVEMENT 2 : Les attentes du baron déjouées (l 15 à 22) • Le baron et maître Bridaine commentent la scène à laquelle ils assistent en aparté, de façon assez peu respectueuse, comme si Camille et Perdican n’étaient pas là. Il est déçu : le plan qu’il avait imaginé ne fonctionne pas comme il l’aurait voulu. Sa question rhétorique se terminant par « Voilà un commencement de mauvaise augure ; hé ? » l15 montre sa surprise, et le ton est assez familier. • La réplique de Maître Bridaine « Trop de pudeur est sans doute un défaut ; mais le mariage lève bien des scrupules » l16-17, de forme proverbiale, s’avère être grossière. Il sous-entend qu’une fois le mariage acté, il n’y aura plus de scrupules à avoir. Il pourra être consommé. C’est une nouvelle fois une phrase de fantoche prompte à ne servir que ses propres intérêts. • L’idée du mariage et de ses festivités est arrêtée par la réserve de Camille qui, en faisant mine de se signer, a exprimé son attachement à la religion. C’est donc l’éducation religieuse de Camille qui est responsable de son échec. Les participes passés à valeur d’adjectifs « choqué », « blessé » l18, « vexé », « piqué » l21 soulignent la vive réaction du baron qui prend les choses très à cœur et ainsi une tonalité pathétique. L’utilisation répétée de la première personne du singulier marque un profond égocentrisme et une incapacité à s’adapter à la situation. Il affronte deux bouleversements : un choc émotionnel et une atteinte portée à son amour propre. • Maître Bridaine pense que l’intervention du baron pourrait rétablir le dialogue rompu à travers l’impératif « dites leur quelques mots »l22. Avec le baron, ils forment un duo comique. >> Dans ce dialogue d’apartés, le baron semble perdre ses moyens face à ce revirement de situation inattendu. Ils ont des réactions inadaptées à la situation. MOUVEMENT 3 : Deux univers hermétiques (l23 à fin) • L’interjection « Eh bien ! » suivie de deux interrogatives « Mes enfants, à quoi pensez vous donc? Que fais-tu là Camille devant cette tapisserie ? » l23-24 illustre la volonté du baron à relancer la discussion mais la symétrie de ces interrogations accentue encore plus leurs différences. • Les questions mécaniques du baron appellent des réponses identiques de Camille. Le jeu de la parole tourne sur des constructions identiques, des parallélismes « Voilà un beau portrait, mon oncle ! » l25 // « Voilà une fleur charmante, mon père » l32, ce qui accentue le comique de la scène. • Le portrait de l’aïeule dévote à travers le lexique de la religion « prières » l28, « foi » « sainte »l29 insiste sur sa vertu, ce qui accentue l’admiration de Camille. Elle montre que seule la religion la touche et provoque un changement d’intonation en elle « Oh oui, une sainte ! » l30. • L’appellation « le docteur »l36 est un éloge indirect de Perdican, par Bridaine, qui souhaite louer son savoir pour impressionner Camille. Néanmoins, il fait preuve de cuistrerie (étalage de connaissances mal assimilées, pédant) par l’énumération de catégories scientifiques « Demandez-lui à quel sexe, à quelle classe elle appartient ; de quels éléments elle se forme, d’où lui viennent sa sève et sa couleur »l36-37. • Perdican invalide toute la rhétorique stérile de Bridaine à travers l’usage de la négation « je n’en sais pas si long » l40. Loin de la pédanterie, il est du côté du naturel, ce qui accentue la sympathie du lecteur pour ce personnage. CONCLUSION : Cette scène est le prolongement de la scène d’exposition. Elle permet de camper les caractères des personnages : Perdican apparaît comme un jeune homme enjoué, intelligent qui n’accueille pas d’un mauvais œil le mariage mais qui se retrouve décontenancé par la réserve de Camille. Camille est une jeune femme impassible, froide, dévote qui se refuse entièrement à l’amour. Le Baron est un homme risible, préoccupé par son statut social et incapable de comprendre ce qui anime ses enfants et Bridaine est un cuistre et un sot. Elle permet encore de nouer le nœud de l’intrigue : Musset se rapproche de l’intrigue de comédie de mœurs, dans laquelle une figure paternelle conclut un projet de mariage qui n’est pas accepté par les partis concernés (cf référence à Molière). Mais d’emblée le projet du baron – Première Générale – HLP – Français Lire la suite »